Les Petites Boulimiques Anonymes

Informations, écoute, conseils

 

Noël : gavée comme une oie

Chères toutes et tous,

 Actuellement, la prévision des futures fêtes de fin d’année illumine vos longues journée d’hiver. Le coucher de soleil à 17h30 est presque supportable quand on sillonne les rues décorées à la recherche des derniers cadeaux de noël (des premiers si vous êtes un peu en retard). En effet, le mois de décembre est l’occasion de se retrouver en famille et entre amis, pour partager de longs repas festifs, autour de tables colorées garnies de somptueux mets : foie gras, huîtres, dinde, farce, marrons, bûche glacée…

buche noel

Oui, on a bien écrit“repas” et c’est parfois votre point faible. Quand vous commencez à manger, une fois une certaine limite dépassée, le cœur s’emballe et c’est parti pour une nouvelle crise. No limit.

 Le dîner du 24 (ou/et déjeuner du 25) est, dans votre monde, une sorte de grande crise de boulimie familiale, à laquelle prennent part petits et grands, dans la joie et la bonne humeur. Evidemment, pour la plupart des gens, il n’y a pas de connotation derrière cet “écart de conduite alimentaire”. Une petite indigestion festive ça ne fait pas de mal, au contraire ! On se couche le ventre bien rond, on tente de trouver une position tenable dans son lit, on saute le petit déjeuner le lendemain et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

Pour vous, les enjeux ne sont pas exactement les mêmes. Ces fêtes de fin d’année sont les moments festifs qui vous manquent, ceux dont vous avez besoin pour égayer un quotidien difficile (avec cette boulimie tenace qui nuit à votre moral). Elles doivent recharger vos batteries, vous redonner goût à la vie et vous apporter l’espoir qu’un jour, vous serez pleinement heureuse.

L’idéal serait donc que ces repas familiaux soient l‘occasion de vous amuser et non de vous décevoir en tombant de nouveau dans la spirale d’une crise.noel-peripeties-infirmiere

Voici quelques conseils basiques pour profiter pleinement du moment, sans vous gaver comme une oie :

- La nourriture (succulente, je sais) ne doit pas capter toute votre attention. Elle risque de vous obséder rapidement si vous n’y prenez pas garde. Focalisez-vous d’avantage sur les conversations sympas en cours, sur le cousin que vous n’avez pas vu depuis des lustres…bref : ne fuyez pas les contacts, au contraire ! Vous sentir entourée, aimée, bien intégrée, écoutée, vous ôtera ce sentiment de vide qui vous hante, et vous aurez moins envie de vous remplir.

- A noël comme au 31, on mange beaucoup plus que d’habitude, certes. Néanmoins, compte tenu de votre “fragilité” vis-à-vis de la nourriture, et du rapport particulier que vous entretenez avec elle, prenez garde à ne pas vous ruer dessus dès l’apéritif (toasts, pain surprise et compagnie). Automatiquement, une fois une quantité-seuil de calories (puisque beaucoup d’entre vous calculent) avalées, vous passerez du côté obscur de la force : “puisque ce soir on grossit, autant faire une crise” : Non-non-non (= triple non). 

Tout en prenant le temps de déguster de bons plats (mâchez, respirez, posez la fourchette), essayez de ne pas dépasser des quantités trop déraisonnables. Ce serait vraiment dommage de vous faire vomir le jour de noël, vous en seriez dépitée et le lendemain serait cafardeux.

- Pas de régime non plus. Se priver le jour de noël est une très mauvaise idée. Cela induira une immense frustration, et vous ferez une crise dans les jours qui suivent (avec des pâtes et autre aliments peu goutûs, rien de comparable avec un savoureux repas préparé par votre grand-mère préférée). En clair, si vous vous régalez à la juste mesure, vous repoussez très loin la future crise qui pourrait vous guetter. N’oubliez pas que les crises boulimiques font suite aux privations trop restrictives. Ne pas tomber dans le pot de mayonnaise, ok, c’est justifié. Se contenter d’une bouchée de dinde parce que l’on culpabilise, c’est une extrémité. Sachez vous faire plaisir, tout en prenant garde à ne pas laisser s’emballer la machine-à-ingurgiter.

un-sapin-de-noel

Si vous y parvenez, des souvenirs heureux s’ancreront dans votre mémoire pour vous réchauffer le cœur dans les moments plus difficiles (janvier n’est pas le mois le plus joyeux de l’année, en général). De plus, cela vous prouvera que vous êtes capable de retrouver un rapport plus sain avec la nourriture, de profiter des bons moments. Croquez ces instants festifs à pleines dents, remplissez-vous de moments heureux et gardez-les en réserve dans un coin de votre tête. Avec un peu de chance, ils y prendront beaucoup de place et chasseront tout le reste !

 Je vous souhaite en avance un très Joyeux Noël !

Dans : Conseils pratiques
Par lespetitesboulimiquesanonymes
Le 18 décembre 2013
A 22 h 17 min
Commentaires : 2
 
 

Psychiatrie ne rime plus avec folie

im1475.6.Broch_PsyAu cours de certains échanges (mails, commentaires) il apparaît que vous êtes nombreuses à ne pas vous précipiter chez le psychiatre. C’est vrai quoi, pourquoi aller consulter quelqu’un alors que vous pouvez largement vous en sortir toute seule ? C’est bien connu, on est jamais aussi bien servi que par soi-même ! Et puis bon, payer pour s’allonger sur un divan usé jusqu’à la corde et parler de vos premiers châteaux de sable, ça n’arrangera ni vos fringales ni votre porte-feuille. En plus, ce serait avouer clairement que vous n’êtes pas nette dans votre tête, voire complètement folle. Vous ressortirez de là avec une ordonnance de psychotropes plus longue que votre liste au père noël, pour rougir de honte devant votre commère de pharmacienne. Pour l’instant, le psy, c’est niet !

Et si vous vous trompiez de stratégie ?

Car vous êtes surement victime du “mythe du psychiatre

Un psychiatre ? C’est quoi cette bête là ? Ça vit où et ça mange quoi ?

- Son parcours

Au départ, votre psy était un jeune lycéen innocent qui s’est dit après le bac (avec mention) “ Médecine, pourquoi pas ?”. Issu d’une famille relativement aisée (c’est le cas d’une majorité d’étudiants en médecine, puisque l’ascenseur social est en panne), il passe donc une année enfermé dans sa chambre, à apprendre des centaines de polycopiés par cœur. En mai, pâle comme un linge et ébloui par la lumière du jour qu’il redécouvre enfin, il est sélectionné au concours d’entrée. La deuxième année, son foie quadruple de volume suite à des soirées trop arrosées. En troisième année, il commence les stages à l’hôpital, en plus des cours à la fac et de deux partiels annuels. En quatrième année, il rencontre une charmante étudiante. En médecine bien entendu, car il est déjà happé tout entier par ce petit microcosme. En cinquième année ils vont à la bibliothèque universitaire ensemble pour travailler, parce que la pause café au rez-de-chaussée est d’un romantisme à couper le souffle. En sixième année il s’introvertit complètement, comme un bigorneau qui rentrerait dans sa coquille et rabattrait son opercule : “Fermé !”. Stagiaire le matin, ermite l’après-midi, il bosse comme un “malade” pour finir bien classé à ce fichu ECN (examen classant national, pour ne pas dire : un concours). oedipe fete des meresIl choisit sa spécialité puis débute un internat qui durera 4 ans. Du jour au lendemain, les médecins des urgences l’appellent pour prendre un “avis” psychiatrique. En gros, il apprend sur le tas et enrichit ses connaissances théoriques de mille et unes expériences pratiques. Finalement, il passe son doctorat puis choisit d’exercer à l’hôpital ou en libéral. Ensuite, il dévore tous les livres de Freud et s’achète son premier divan chez IKEA (c’est vraiment ce que vous imaginez ?).

- Votre psy n’est pas maître Yoda

Il vous regarde avec ses grands yeux et vous souffle à l’oreille : “ La voie de la sagesse tu emprunteras et la paix intérieure tu trouveras”. Définitivement : non. Ou alors, courez vite regarder la plaque dorée sur la devanture du cabinet : il ne s’agit certainement pas d’un psychiatre ! Comme vous, il appartient au genre des homo sapiens sapiens. Il sait plein de choses, certes, mais il n’a pas la science infuse

- Votre psy n’a pas de baguette magique

Ne vous attendez pas à ce que vos soucis soient réglés du jour au lendemain. Pas de formule magique en psychiatrie ! Plusieurs consultations seront nécessaires pour que le psychiatre cerne vos problématiques existentielles, votre histoire, votre mode de vie, vos ressources et vos faiblesses. Avec le temps, ensemble, vous apprivoiserez vos fragilités et trouverez la manière de mieux vivre avec, de vous accepter sans en souffrir. Rien ne vous empêche de murmurer “Abracadabra” en vous couchant le soir sous votre couette, après tout, on ne sait jamais…

Votre psy a toujours vu “pire”

Croyez-le, quoique vous puissiez dire, votre psychiatre a toujours entendu des confessions plus “dérangeantes” que les vôtres. Il ne peut plus être choqué, seulement touché. folieVous avez tendance à vous penser beaucoup plus anormale que vous ne l’êtes. Sans oublier que la notion de “normalité” est à prendre avec des pincettes (elle évolue sans cesse et dépend de statistiques : moyennes, écart types, déviations standards, bref : du chinois).

De plus, 98% des gens sont névrosés. Attention de ne pas confondre la névrose et la psychose (schizophrénie et autres) qui est tout à fait pathologique. La névrose, c’est ce trait de caractère “exagéré” ou “prononcé” qui vous rend parfois un peu difficile à vivre, ou particulier. Un détail du quotidien vous énerve et vous obsède alors qu’une autre personne s’en ficherait totalement (névrose obsessionnelle : la porte du frigo mal fermée, la trace du verre d’eau sur la table basse…). Bref, les névroses sont ces petits grains de folies qui caractérisent si bien l’être humain et le rendent attachant, spécial. En ce moment, il existe une tendance à créer de nouvelles cases nosologiques (classement des maladies), et d’y ranger des “modes de fonctionnement intérieurs” qu’on considérait normaux auparavant. Notamment à cause de certains laboratoires, qui veulent trouver des indications à leurs médicaments, quitte à “créer” de nouvelles maladies. Ainsi, il faut rester critique : ce n’est pas parce que vous possédez votre propre “petit grain de folie” que vous avez une maladie psychiatrique. Votre humeur peut connaitre des hauts et des bas sans que vous soyez bipolaire (ex psychose maniaco-dépressive).

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- Votre psy n’est pas muet comme une carpe (il possède deux magnifiques cordes vocales)

Après votre dernière phrase, il lève le regard en haut à droite, se lisse la moustache, décroise ses jambes, les recroise dans l’autre sens, se frotte le menton entre le pouce et l’index, plisse les yeux en vous scrutant attentivement, pour finalement conclure : “Hmm Hmmh. Pouvez-vous m’en dire plus ?”. Ou pire, il se réapproprie votre dernier mot : “ Contrarié… Mais qu’est-ce que la contrariété ?”. Je sais, le cliché est vraiment tentant : votre psychiatre : un grand vide entre deux oreilles. Que nenni ! Seulement, en psychiatrie, on considère que l’écoute est déjà un geste thérapeutique. En pratique ce n’est pas faux, les gens se sentent déjà mieux une fois qu’ils ont pu s’exprimer et se confier. Cela semble primitif et pourtant, ce n’est pas si simple de trouver une oreille attentive dans son entourage. La proximité crée de l’inhibition et de la honte. Un psychiatre est quelqu’un d’extérieur, c’est pour cela qu’on hésite moins à déballer ses plus lourds secrets. Si vous imaginez que vous ne pourrez pas, détrompez-vous : vous pourriez être surprise par la rapidité de vos “aveux” (débarrassez-vous de cette fausse-culpabilité).

- Votre psy a aussi son lot de problèmes

La veille, sa femme lui a hurlé dessus pour qu’il daigne enfin sortir les poubelles. Son fils aîné a fumé un joint devant le lycée, il a trouvé des préservatifs dans le sac de sa fille et un 9/20 dans le carnet de son petit dernier. psychiatre patientEnfin, sa belle-sœur dépressive l’a appelé pour lui parler de son mariage qui tourne au vinaigre et de frais d’avocats qu’elle ne pourra pas payer. Oui, votre psy pourrait jouer dans “Scènes de ménage”, il a aussi quelques situations délicates à gérer ! Lui-même est loin d’être infaillible et d’ailleurs, ce sont ses expériences passées, ses fragilités et son histoire qui l’ont porté vers cette discipline. Un médecin a très souvent été un patient. C’est ce qui le rend humain, empathique, sensible à vos problèmes. Votre psy a l’air fort comme ça, sous ses montures de lunettes Burberry. Pourtant, il emporte partout avec lui des morceaux de votre vie, jusqu’à la maison. Il y pense en se brossant les dents, il se construit en fonction de ce qu’il entend, de ce qu’il voit. Il ne vous juge pas parce qu’il constate les mêmes problèmes partout autour de lui.

Surtout, ce métier, il l’a choisi parce qu’il l’aime et qu’il veut vous aider. C’est sa manière de se sentir utile, de se sentir vivre, de se nourrir d’une reconnaissance qu’il ne trouve peut-être pas ailleurs. Malgré ses faiblesses, votre psychiatre se montrera toujours solide comme un roc, face à vous. C’est ce qui intimide sans doute bon nombre de patients. N’oubliez pas : c’est une façade que le métier oblige ,pour garder une distance nécessaire et pour vous rassurer.

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Si vous ne devez retenir qu’un message : la vraie force, c’est avoir conscience de ses fragilités.

Dans : Conseils pratiques
Par lespetitesboulimiquesanonymes
Le 30 novembre 2013
A 22 h 31 min
Commentaires : 0
 
 

Plateau-télé : le couple infernal

Pour différentes raisons, les bonnes habitudes ont tendance à se perdre en famille. Exit les repas chaleureux tous ensemble, cela devient de plus en plus difficile de réunir tout le monde au salon.
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Le match de basket du petit frère, la soirée d’intégration de la grande sœur, un horaire qui ne fait pas l’unanimité… Bref, ce soir, ça ne sera pas la folle ambiance à table. De toute façon, vous les évitez plus ou moins, ces longs repas durant lesquels on regarde dans l’assiette du voisin. Vous vous sentez parfois épiée, voire fliquée, vous ne parvenez pas à profiter pleinement du moment parce que le spectre de la maladie plane au dessus de votre tête. Un plat copieux, un bon gâteau, une bouchée de trop et hop : vous passez du côté obscur de la force…

Dans l’idée, ces repas conviviaux vous font envie. Ils vous rappellent ce passé sans TCA, votre enfance qui était si douce, insouciante, bien loin de vos préoccupations actuelles. En pratique, à présent c’est plus simple de vous isoler pour manger. Si vous êtes partie de chez vos parents et que vous habitez seule, l’histoire est réglée. Manger est passé du statut de “lien social” à celui d’ “occupation solitaire”. Pour rompre le silence et l’ennui, vous vous installez avec votre plateau devant l’ordinateur pour regarder votre série préférée en streaming. Ça tombe bien, le dernier épisode de la saison 3 vient de sortir ! Depuis la chute de mega upload, vous n’avez pas mis longtemps à trouver des portes de sortie. C’est vrai, c’est une distraction sympathique

                                          plateau télé

5 bonnes raisons de ne pas additionner repas + télé !

1) Toute l’attention que vous prêtez au scénario passionnant de votre série, vous ne la consacrez plus à votre repas. Les bouchées s’enchaînent les unes après les autres sans que vos papilles ne se sentent pleinement concernées. Vous mâchez peu, vous dégustez moins, le plaisir de la vue et de l’écoute empiète sur le plaisir du goût. Oui, c’est difficile de faire marcher tous ses sens en même temps ! Bilan des courses : vous oubliez presque que vous avez mangé. Bonjour la frustration !

2) Quand on mange seul, on mange plus vite. A part si vous avez la vilaine habitude de parler la bouche pleine, en général, une conversation freine un peu les choses. Devant un film, c’est pire. Vous ingérez mécaniquement sans respecter un rythme “normal”. Voyez-vous, c’est problématique parce que les “signaux de satiété” sont envoyés par votre corps à votre cerveau après 20 minutes seulement. Si vous dévorez à la vitesse de l’éclair, vous aurez le temps d’avaler des quantités monstrueuses avant de voir le “panneau stop” des 20 minutes. En revanche, si vous prenez le temps de bien mastiquer, de poser votre fourchette entre les bouchées, de respirer, d’attendre d’avoir dégluti avant de lever le bras une nouvelle fois….là, vous aurez tout gagné. Vous vous sentirez calée avant même d’avoir dépassé les limites du raisonnable et de vous être goinfrée. Ni frustration, ni culpabilité.

3) A qui pensez-vous avoir affaire dans vos séries ? 188220-pretty-little-liars-diapo-2A des femmes obèses mal dans leur peau, célibataires endurcies sans enfants, au chômage, isolées et tristes ? Bien sur que non, vous seriez peu sensibles à un scénario sans strass ni paillettes. Vos héroïnes sont plutôt ultra filiformes, habillées court avec des jupes qui crient “Hey, matez-donc mes petites cuisses !”. Evidemment, vous les reluquez, ces mini cuisses musclées, fermes et maigrichonnes. Elles vous plaisent bien d’ailleurs, vous rêveriez d’avoir les mêmes. En plus, l’actrice joue une lycéenne à la vie palpitante, pleine de rebondissements divers et variés, d’amies aussi “jolies” qu’elles, de succès au près de la gente masculine. Et vous, que faites-vous pendant ce temps là ? Vous êtes seule et vous mangez. Deux faits incompatibles avec le rêve américain que vous avez devant les yeux. Vous cernez le “conflit” qui va émerger en vous… ?

4) Quand vous serez rendue au milieu de ce nouvel épisode, votre repas sera déjà terminé. Que choisirez-vous alors ? Regarder la deuxième moitié sans “rien faire”, ou bien continuer à grignoter pendant ce temps là ? Probablement la deuxième option. En effet, la consommation de nourriture décuple le plaisir que vous avez à regarder votre série. Elle est une “version améliorée” de votre distraction 2.0 . C’est bien là le piège, vous avez pris l’habitude de faire les deux en même temps. Manger ET regarder. Faire l’un sans faire l’autre crée chez vous une frustration, à laquelle vous résistez difficilement.

Attention, donc…vous risquez d’ajouter un manque sur votre liste. Ré-apprenez à savourer les plaisirs, séparément les uns des autres. Regardez votre série PUIS préparez votre repas et dégustez-le tranquillement. Ou bien l’ordre inverse si c’est plus facile pour vous. Soyez mono-tâche. Au bout du compte, votre pause-plaisir vous semblera plus longue et plus savoureuse.

5) On s’habitue vite à un train-train quotidien. Si vous dînez tous les soirs devant un film, vous vous “projetez” dans cette future situation au cours de la journée (avec plaisir). repas coupleSi un ami vous propose subitement d’aller prendre un verre en ville, cet imprévu vous semblera moins sympa que votre plan-télé habituel. Vos activités de détente correspondent à un schéma stéréotypé difficilement modifiable. Ce manque de flexibilité et de spontanéité risque de créer un isolement et d’entretenir vos troubles. Progressivement, forcez-vous à donner moins de place à vos “plaisirs solitaires” et à partager vos bons moments. Ce n’est pas facile au début, parce qu’un mode de vie oisif et parfois autistique a eu le temps de s’installer. Néanmoins, avec le temps, vos efforts pour vous extravertir deviendront naturels et vous serez très, très largement récompensée…(!)

Dans : Conseils pratiques
Par lespetitesboulimiquesanonymes
Le 24 novembre 2013
A 13 h 55 min
Commentaires : 2
 
 

Le juste poids, au juste prix

Il faut souffrir pour être belle” : vraiment ? La souffrance n’a jamais embelli personne, jetez donc les vieux adages à la poubelle ! Si vous ne faites pas le ménage régulièrement, parmi les fausses vérités qui vous entourent, gare à la pollution de vos pensées ! Car cette intoxication idéologique est partout autour de vous : à la télé, dans les magazines, sur internet… N’oubliez pas de faire le tri et de vous forger votre propre opinion sur certains sujets. Nul besoin d’être une fine analyste, il suffit de faire preuve du bon sens le plus commun. Pour aiguiser votre sens de la critique, il existe un moyen peu confortable mais imparable : vous mettre face à vos propres contradictions. Elles sont nombreuses, intempestives, et elles vous empoisonnent la vie.

Culte de la maigreur : pour qui ? Pourquoi ?

Vous rêvez que votre balance affiche un poids plume ? Questionnez vous sur la nature de cette ambition, qui ne doit pas devenir votre priorité. Quel est votre objectif ? Maigrir, oui, ça j’avais compris, pour affiner votre taille, réduire votre tour de cuisse, rentrer dans une taille 36 voire 34. Allez, petites cachottières, dévoilez donc les désirs réels qui se cachent derrière tout ça ! Ah, vous ne les identifiez pas très bien non plus ? Bien, bien, il est grand temps d’arrêter de vous mentir et d’être honnête avec vous-même. Parce que vous le valez bien.

femme balance

 - Pour qui : pour plaire aux autres ? Ce n’est pas votre squelette que les hommes apprécient, mais la chair tendre qu’ils peuvent palper tout autour. A part une minorité d’hommes adepte des filles filiformes, de ces femmes-cintres qui arpentent les défilés de haute-couture, les autres sont hypnotisés par vos courbes féminines. Ils se fichent pas mal que vous ayez ou non l’IMC de Kate Moss, du moment que vous êtes bien dans vos baskets. Une belle fille, c’est avant tout une fille simple, souriante, une fille que l’on peut emmener au restaurant et qui saura profiter du moment, une fille qui oubliera de se comparer, une fille qui prendra le temps de vivre. Voilà ce qui plait aux hommes, si l’on arrête de se mentir. Le secret des filles qui ont du succès, c’est avant tout : la confiance en soi, la répartie, l’humour, la simplicité, la spontanéité, et le charme.

Parlons-en, du charme, qu’est-ce que c’est exactement ? Il ne s’agit pas d’une clavicule saillante, de dix centimètres entre deux cuisses, de bras maigrelets ou d’un ventre parfaitement sculpté. Le charme ressemble plutôt à une fossette sur une joue, à un regard malicieux, à un sourire en coin, à une gestuelle qui vous est propre, à une franchise touchante et désinvolte. Le seul hic, c’est qu’il est surtout perçu par les autres. Alors rassurez-vous, sans le savoir vous possédez certainement ce bel atout.

Sur la liste de ce qui affole ces messieurs, on peut également ajouter des détails moins romantiques : des fesses rebondies, un dos cambré, une petite brioche dorée sur le haut des hanche, un décolleté affriolant, etc. Exit votre poids plume, il pèse bien peu sur la balance. Ne demandez pas aux hommes d’aimer vos os, c’est tout simplement contre nature.

Alors, à qui souhaitez vous plaire réellement ? Peut-être à vous-seule, finalement.

 - Pourquoi ? Ainsi, pour combler votre déficit d’amour propre, vous choisissez l’amaigrissement. Sous l’influence de séries américaines qui vous vendent du rêve, de magazines qui créent l’image de “it-girl”, vous êtes tentée d’associer maigreur et réussite. Pour atteindre votre but, vous êtes prête à payer le prix fort, à vous priver jusqu’à vous détraquer. Et qu’est-ce que vous récoltez, au bout du compte ? Un moment de satisfaction, lorsque vous vous allongez sur votre lit le soir, en chemise de nuit, et que vous contemplez la minceur de vos cuisses. Ce bref sentiment d’accomplissement, que vous pouvez également éprouver en vous déshabillant devant la glace, est voué à ne jamais être partagé. Est-ce que cette satisfaction solitaire vous apporte vraiment du plaisir ? Est-il à la hauteur des sacrifices que vous faites ? Réfléchissez-y, méditez. Si vous êtes amenée à lire ces lignes, c’est que vous souffrez probablement de cette disproportion aberrante.

Quant à l’objectif ultime, arriver à vous plaire, ce n’est pas par ce moyen que vous y arriverez. Pas en vous soustrayant à vous même. Vous ne serez jamais comblée, quoiqu’il advienne de vos kilos.

 La vie des stars

- Vous souhaitez ressembler à une égérie de Karl Lagerfeld ? karl_lagerfeld_sonnenbrille_scRegardez un peu à quoi ressemble le bonhomme : vous fait-il envie ? On est d’accord, on peut trouver moins effrayant. Pourtant, c’est ce genre de personne qui invente les codes dans le milieu de la mode, les diktats du physique auxquels vous essayez d’obéir.

- Quant à vos stars préférées, photoshopées en bikini sur les plages de Californie, sachez qu’elles ne sont pas forcément plus heureuses que vous. On peut tout avoir, l’argent, l’amour, la réussite sociale, professionnelle, et se sentir au fond du trou. Après tout, les troubles du comportement alimentaires sont capables de tout balayer sur leur passage, même un quotidien qui semble “pourtant parfait”. karl et nounoursNous sommes tous égaux dans la souffrance, et l’herbe n’est pas plus verte ailleurs. Arrêtez de vous comparer et d’admirer à tout va, cela ne fera que vous tirer vers le bas. De même, évitez de vous torturer en allant regarder la page Facebook de filles “qui ont tout pour elles” (que vous croyez…). C’est dépressogène, chronophage et non constructif. Enfin, pour être tout à fait pragmatique : il y aura toujours de plus belles réussites que les vôtres et des échecs plus cuisants que les vôtres. N’oubliez pas : vous êtes toutes la star de quelqu’un d’autre.

 Dysmorphophobie

Votre entourage s’exclame devant votre maigreur et pourtant, vous vous trouvez énorme. Dans le miroir de votre salle de bain, vous ne voyez qu’un sumo prêt à monter sur le tatami, un amas de graisse et de cellulite. Vous souffrez certainement de ce qu’on appelle “la dysmorphophobie”. Un terme barbare pour exprimer une inadéquation entre ce que vous êtes physiquement, et ce que vous pensez être. En bref, votre corps vous apparaît déformé, presque difforme, laid, gros, gras, alors que cette vision est tout à fait éloignée de la réalité. Il s’agit d’un “trouble de l’image de soi”, qui peut parfois échapper à votre lucidité et vous pousser à maigrir toujours plus jusqu’à devenir squelettique. N’essayez pas de gommer vos hanches, ce sont des os. Et vos os ne sont pas sensés se voir à l’oeil nu, sinon pourquoi aurait-on inventé la radiographie ? Pour une fois, faites un peu confiance au regard des autres.

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Enfin, vous admirez des femmes comme Monica Bellucci, Beyoncé, Scarlett Johansson, des femmes plantureuses, pulpeuses, sexy. Vous appréciez les ondulations sur les autres femmes, mais surtout pas sur vous. Vous êtes consciente de l’absurdité d’une telle contradiction mais elle vous laisse impuissante. Mesdames, il est grand temps de prendre les armes et de combattre vos paradoxes.

 Notion de “poids de forme”

C’est le poids qui vous apporte de nombreux bénéfices pour de moindres risques (sacrifices acceptables, voire inexistants). C’est le poids “confort”, avec lequel vous vous sentez énergique, combative, curieuse, entreprenante. Travailler ne vous demande pas d’effort surhumain, vous arrivez à vous lever le matin, les coups de cafards se font rares, vous pouvez même faire du sport sans cracher vos poumons. Bravo, vous êtes en symbiose avec votre corps, vous avez appris à vous écouter, à trouver le juste milieu. En effet, s’il est important de ne pas se frustrer, il n’est pas question de se laisser totalement aller niveau nourriture. Se faire plaisir oui, prendre vingts kilos non. Outre les complications qui accompagnent le surpoids, votre moral en prendra un coup. Le bon équilibre c’est parvenir à vivre en paix avec votre corps, à accepter ses particularités (sur lesquelles vous avez peu de prises), c’est aussi en prendre soin chaque jour et croquer la vie…avec le juste appétit.

Dans : Conseils pratiques
Par lespetitesboulimiquesanonymes
Le 21 novembre 2013
A 19 h 30 min
Commentaires : 0
 
 

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  • Le juste poids, au juste prix (édité le 21/11)
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  • Asphyxie : prenez un grand bol d’air
  • Sexualité : libérée ou complexée ?
  • Noël : gavée comme une oie (édité le 18/12)
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  • Sport et endorphines
  • Allô maman bobo
  • Psychiatrie ne rime plus avec folie (édité le 30/11)
  • Domptez votre ogre intérieur

N’hésitez pas à faire régulièrement un tour sur le blog, pour jeter un coup d’œil aux nouveautés. Si un thème vous intéresse plus particulièrement, laissez un commentaire et je rectifierai l’ordre de mes priorités. Bon courage à toutes !

Dans : Vie du Blog
Par lespetitesboulimiquesanonymes
Le
A 13 h 34 min
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